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A l’aube des J.O 2008 de Pékin, tous les regards se tournent vers la Chine. Mais en ce moment, c’est une toute autre question qui la place au centre du débat qui anime la communauté internationale.

En effet, le Canada, le Japon et l’Union Européenne menacent de rallier la plainte déposée par les Etats-Unis devant l’O.M.C à  l’encontre de la Chine arguant que celle-ci ne respecte pas ses promesses faîtes en matière de lutte anti-contrefaçon lors de son adhésion en 2001. Pourquoi, alors que les progrès en matière de protection de la propriété intellectuelle sont réels, cette contrefaçon qui menace l’équilibre de l’empire du milieu, ne semble pas pouvoir être éradiquée?

Il y a d’abord des raisons économiques évidentes : la part actuelle de la contrefaçon dans le commerce mondial est de 10 %, et 80 % de ces marchandises sont fabriquées en Chine. Mais il existe une raison encore plus profonde à  ce phénomène, une raison qui est à  rechercher dans l’approche culturelle, propre à  ce pays.

En effet, dans la pensée chinoise, il n’existe guère de différence entre la copie et l’original; l’originalité d’une création n’est pas pertinente en soi. Dans un temps considéré comme cyclique et un monde en perpétuel changement, tout change et se suit, donc tout a déjà  été crée et a déjà  existé. L’illustration de la difficulté que peuvent avoir les chinois à  intégrer le concept de propriété intellectuelle se retrouve dans la langue elle-même.

Ainsi, en chinois, le caractère « zaoshi » qui signifie « fabrication », englobe à  la fois les notions de création et de copie. Nous, occidentaux, avons parfois une approche similaire : ne dit-on pas « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme »? Le droit de la propriété industrielle, a précisément pour objet de protéger cette « transformation », lorsque celle-ci remplit les conditions juridiques minimums. Bien au-delà  d’une simple bataille économique, le respect de la propriété intellectuelle en Chine, relève d’un véritable choc des cultures.

Il y a fort à  parier que la Chine ne déméritera pas dans sa lutte anti-contrefaçon, comme en attestent déjà , cette loi proclamée en mars 2007, assurant pour la première fois depuis 1949 la défense de la propriété privée, ou encore, cette tendance amenant, de plus en plus de chinois à  revendiquer légitimement une protection pour leurs nouveaux produits et services.

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