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Cela fait des années que nous sensibilisons les dirigeants à l’importance de la valorisation de leurs actifs immatériels et à la subtilité de l’optimisation de cette valeur en fonction du territoire où ils sont présents.

Le Royaume-Uni a été, jusqu’à aujourd’hui, le terrain de jeu préféré des fiscalistes avertis qui, en France comme en Allemagne ou en Scandinavie, n’ont eu de cesse d’encourager les opérations de croissance externe avec les britanniques : un taux d’imposition défiant toute concurrence (20% d’IS contre 33% en France), une croissance installée de 2% du PIB, et surtout une culture quasi innée de la cession d’entreprise.

Ce climat favorable explique les statistiques : en 2015, 45% des deals européens se sont programmés au Royaume-Uni. Qui dit mieux ?

Pour les experts en valorisation que nous sommes, et pour autant que l’on soit suffisamment avertis de l’importance de la qualité du terreau fiscal et économique du pays dans lequel les droits de propriété intellectuelle sont logés, il est indéniable que les multiples à appliquer pour déterminer la valeur des marques, brevets, savoir-faire etc. doivent refléter les conditions avantageuses (ou pénalisantes) du contexte fiscal et politique.

Et pour cause : les facilités fiscales inhérentes au système britannique, ajoutées aux autres éléments conjoncturels positifs, augmentent en moyenne de 40% le cash-flow généré dans les activités industrielles. L’effet de cette augmentation sur la valeur des actifs immatériel est mécanique, donc incontestable.

Que va-t-il se passer avec le Brexit ?

Outre la chute des valeurs boursières constatées ce jour à la City (et quoi de plus normal avec une annonce aussi inattendue), il est vraisemblable que, non seulement les établissements financiers européens, mais également les groupes industriels, seront poussés très rapidement à revoir leur stratégie économique et commerciale et à déserter cette place tant convoitée jusqu’à présent.

L’eldorado britannique sera ainsi, et là aussi l’effet est mécanique, reporté sur les autres pays leaders de l’Union Européenne et il faut espérer que la France fera encore partie des territoires gagnants.

Pour les titulaires de marques, c’est le moment de réfléchir à une optimisation de la valeur des actifs immatériels logés hors Royaume-Uni.

Les marques britanniques quant à elles devront compenser la perte de valeur découlant du Brexit par d’autres leviers de croissance propres au contenu cette fois, car le contenant ne répondra plus  et pour longtemps.

Ladan DIRICKX, Responsable du Département LexValue

ldirickx@inlex.com

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